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Bouger contribue à une bonne santé mentale.


L’activité physique est non seulement un des principaux facteurs de protection contre le stress, l’anxiété et les symptômes dépressifs, elle est aussi efficace pour soigner les personnes à la santé mentale fragilisée, comme le confirme une nouvelle étude.

Une activité physique mesurée met en mouvement les hormones anti-stress

La pratique d’une activité physique ou sportive modérée stimule la sécrétion d’hormones, en particulier la dopamine et la sérotonine, des « hormones du bonheur » impliquées dans l’état de bien-être et la régulation de nos émotions. Elle fait aussi baisser le taux de cortisol, dont l’excès est signe de stress. A plus haute intensité, le sport provoque une sécrétion d’endorphines qui amplifie la sensation de bien-être et d’euphorie. Mais attention, pour être anti-stress, le sport doit rester à la mesure de nos capacités.

S’il est en surrégime, notre corps produira en effet davantage de cortisol pour répondre aux exigences de performance nécessitant de maintenir un niveau de stress élevé. Le risque est alors que l’activité physique dérègle notre équilibre biologique, et génère notamment de la fatigue et des troubles du sommeil plutôt qu’elle ne favorise des nuits réparatrices. Sur le plan psychologique, le sport peut aussi devenir une source d’anxiété importante, en particulier pour des jeunes qui supportent mal la concurrence excessive et la compétition. Le choix de l’activité physique et le bon dosage s’avèrent essentiels à un effet bénéfique du sport.

Le cas de la dépression

Devant une personne déprimée, on se sent souvent démuni, désirant la faire sortir de sa torpeur sans trouver les mots. Parfois, l’impuissance fait place à l’agacement : « Bouge-toi ! Va prendre l’air ! ». C’est maladroit, contre-productif, voire dangereux pour les personnes souffrant d’une dépression sévère, mais cela part d’une intuition qui ne s’avère finalement pas dénuée de sens.

Il est en effet admis, aujourd’hui, que l’activité physique joue un rôle dans la réduction des symptômes dépressifs. Les sports d’endurance et de renforcement musculaire, pratiqués à raison de trois séances par semaine pendant au moins 3 mois, sont aussi efficaces qu’un traitement médicamenteux ou une psychothérapie en cas de dépression légère à modérée. Avec un avantage : six mois après la fin du parcours thérapeutique, les patients en rémission, traités uniquement par l’activité physique, auraient un taux de récidive plus faible que ceux qui ont été traités par des médicaments seuls ou par une association médicaments et activité physique.

Il était jusqu’à présent difficile d’avoir une vision claire et globale des bienfaits thérapeutiques de l’activité physique sur la détresse psychologique, la dépression et l’anxiété, du fait de la multitude des études et de la disparité des données, les scientifiques ne s’intéressant souvent dans leurs recherches qu’à un seul type d’activité, pratiquée à une certaine dose, par un sous-groupe de population particulier. C’est pour répondre au besoin de généralisation qu’une équipe de chercheurs australiens a compilé une base de données exhaustive, issue de 1039 essais contrôlés randomisés, impliquant en tout 128 119 participants.

Leurs résultats (en anglais), publiés en février 2023, confirment à grande échelle que l’activité physique et sportive est efficace pour réduire les symptômes légers à modérés des troubles de la santé mentale. Plus marquant, les chercheurs estiment qu’elle améliore les symptômes 1,5 fois plus que les traitements à base de médicaments. Ces éléments de preuve sont une bonne nouvelle pour les patients, mais aussi pour les médecins, autorisés à prescrire une activité physique adaptée (APA) depuis 2016, à la place ou en complément des traitements classiques.

L’activité physique, un anti-dépresseur naturel aux mécanismes complexes

Les scientifiques ne proposent pas encore de modèle explicatif exhaustif de l’effet antidépresseur de l’activité physique. D’un point de vue physiologique, il se pourrait que l’apport d’oxygène au cerveau soit bénéfique. Les neurobiologistes tablent sur l’influence de la libération des hormones dont on a parlé plus haut. En neuropsychologie, on met l’accent sur la capacité de l’activité physique à modifier les niveaux de conscience et à améliorer les fonctions exécutives, c’est-à-dire les processus impliqués dans la régulation et le contrôle des comportements.

Selon les psychologues cognitivistes, c’est la déconnexion des pensées négatives, couplée à l’augmentation de la distraction, qui permettraient d’éloigner les troubles dépressifs. Les études montrent aussi que la dimension sociale d’une activité physique est une donnée essentielle : un réseau de confiance favorise la résilience en permettant aux individus de trouver les ressources et l’énergie nécessaires pour mieux gérer l’adversité. Un effet placebo viendrait renforcer ces mécanismes biologiques, psychologiques et sociaux.

Enfin, même si faire le ménage est un bon moyen d’être actif au quotidien, comme le rappelle le Programme national nutrition santé, d’un point de vue psychologique, rien ne vaudrait une activité physique pratiquée avec plaisir (en anglais) ! Ses bienfaits sur la santé mentale ne peuvent s’affranchir d’un certain hédonisme…

Pour aller plus loin

Activité physique : Contextes et effets sur la santé (2008) https://www.ipubli.inserm.fr/handle/10608/80

Activité physique : Prévention et traitement des maladies chroniques (2019) https://www.inserm.fr/expertise-collective/activite-physique-prevention-et-traitement-maladies-chroniques

Crédits

Texte : JC Moine / Ethnomédia


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